Cœur des Ecrins, où l’esprit des lieux résonne encore des grands noms de l’alpinisme, c’est un espace de liberté et de rencontre pour tous les amoureux de la montagne.

Hameau de St-Christophe-en-Oisans, La Bérarde marque la fin de la route. Au fond de la vallée du Vénéon, c’est le dernier lieu d’habitation avant les refuges et la haute montagne…

« Ce pays a une âme faite d’abord d’espace. Il lui faut beaucoup d’air et de ciel pour respirer. »

Gaston Rébuffat

Le Village

La rencontre du torrent des Etançons et du Vénéon a façonné un fond de vallée propice à l’installation d’un village. Entourée de sommets élevés (3 000 à 4 000 m) longtemps restés indomptables, La Bérarde est le point de départ des plus belles courses du massif des Ecrins comme la Meije ou les Bans. Ce qui a fait de ce petit village la Mecque de l’Alpinisme.

Malgré son isolement en hiver (la route est fermée après Champhorent), il a été habité à l’année jusqu’en 2009. Dans les années 1900, une véritable vie s’organisait tout au long de l’année entre l’alpinisme et l’agriculture à la belle saison tandis que l’hiver était consacré à l’école.
Aujourd’hui, il n’est réveillé en hiver que par les randonneurs à ski ou les habitants les plus courageux qui y viennent à pied, en raquette ou en ski. Mais il reste habité par de nombreux Bérardins du printemps à l’automne.

Les débuts de l’alpinisme

Dés le XIXe siècle, l’Oisans s’ouvre à ceux qui souhaitent découvrir ses vallées sauvages et ses sommets encore vierges.
Les hommes de la vallée accompagnent là-haut ces aventuriers. C’est le point de départ de grandes lignées de guides, les Turcs, Rodiers, Paquets…
Pierre GASPARD est de ceux-là. Il rentrera dans la légende le 16 août 1877 avec son client Emmanuel Boileau de Castelnau en inscrivant à son palmarès, la première de la Meije par sa face sud, au départ de la Bérarde.
Le Musée « Mémoires d’Alpinismes » retrace l’épopée de ces hommes et leur passion.

La vie rurale cohabite avec les débuts de l’alpinisme, puis les véritables bouleversements viendront avec la création de la route en 1921. Les touristes n’arrivent plus à dos de mules mais en voiture !
La vie s’est alors progressivement transformée : les toits de chaume, difficiles à entretenir, ont été remplacés par des toits de tôle ; l’agriculture disparaît définitivement ; le pont de bois a été remplacé par un pont de pierre après l’arrivée de la route ; les vieilles auberges de la fin du XIXe siècle qui accueillaient les alpinistes se sont transformées ou ont disparu; des bâtisses banales et fonctionnelles les ont remplacées autour de la place.

Avec l’arrivée des premiers touristes la Société des Touristes du Dauphiné demande à l’auberge Rodier de prêter un bout de son grenier pour faire dormir les alpinistes, et ce dans le foin. Finalement elle ouvre son propre chalet (d’une trentaine de places), qui sera racheté 20 ans plus tard par son gérant, M. Tairraz, et deviendra le « Grand Hôtel Tairraz ». Il était considéré comme un hôtel de luxe à l’époque puisqu’il avait l’électricité !

Un service de bus fonctionne jusque dans les années 60 à raison de 2 à 3 trajets par jour. La Bérade est à ce moment là un gros pôle touristique pour l’époque.

La Randonnée et le parc national

Après avoir conquis tous les sommets entourant La Bérarde et surtout la fameuse reine Meije qui se refusait à tous, les alpinistes sont doucement allés vers de nouveaux défis. Même si l’alpinisme est toujours une activité phare, le site s’est diversifié et surtout démocratisé.
Avec la création du premier parc national français, Les Ecrins, en 1973, La Bérarde connait un nouveau souffle : il souligne que la commune possède un patrimoine naturel remarquable. Chaque vallon est original et offre des panoramas somptueux sur des sommets mythiques tel que la Meije, les Ecrins ou la Dibona. A elle seule, la commune occupe toute la haute vallée du Vénéon et donc le cœur du massif des Écrins et du Parc national. Elle représente presque 1/5ème du parc.
La randonnée devient une des activité qui attire autant les montagnards que les touristes. Mais le coin est aussi célèbre pour l’alpinisme, l’escalade ou le ski de randonnée… C’est le point de départ qui permet de rejoindre de nombreux sommets. Des refuges sont modernisés ou créés, le site tel qu’on le connaît aujourd’hui est né !